Mardi 5 décembre 2006
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Hier, je suis allée à mon premier cours d'écriture imaginative. Cela faisait 10 ans à peu près que j'avais le petit papier, récolté lors d'une soirée dans un petit bar où Mélusine nous avait invités. Enfin, je le prends, et je trouve le site internet correspondant.
C'était vraiment fun et salvateur. Ecrire est vraiment une médecine pour moi.
Je vous livre le résultat d'un des exercices, qui était d'écrire un texte incluant le maximum de titres de chansons. Je vous laisse deviner où elles sont, il y en a une quinzaine :)
Le baptême, rejetéLa fleur, écraséeLe phare, envoléLa noyée, siphonnéeLes cordes qui grincent
Minute PapillonJe n'ai que deux pieds,dit le fossoyeurLe chat botté crie "il pleut!"Roxanne, épuisée, sa chevelure faite de murmures,la lumière rouge, allumée, s'éteint, épuiséeAu fond de la piscine, viens me chercherLe ponconneur des lilas m'y a oubliéeJe remonte à la surface, mouillée,Un jour mon prince viendra, tu parles !Supercalifragilistixexpidelilicieux, je m'envole sur les cheminéesoù je rebondis sur la pointe des piedsMes chimères, vues de haut, elles flottentsur Montmartre. La Bohème, le passé.La suite, à inventer
Par Eärwen
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Mardi 12 décembre 2006
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11:00
Un autre texte de mon atelier. Le sujet était: écrire un texte plein de sens (en fait il fallait utiliser le mot "sens" le plus possible, mais je l'ai compris différement intérieurement et c'est venu comme ça tout seul).
Mes sens délurés, de plein pied dans la vie, la vie rassasiée.
La vie sentie, avec les pieds d’abord, sur la terre sacrée.
L’odeur sentie, ensuite, herbe écrasée.
L’écorce rugueuse sous ma main blessée.
Rouge de mes yeux, douleur asséchée.
Cri dans la nuit, y a-t-il quelqu’un pour m’écouter.
Morsure, l’oreiller. Larmes sur mon nez.
Goutte goutte salée ; la souffrance évacuée.
L’air frais dans mes poumons après une nuit asphyxiée.
Soleil du matin, pas chagrin, allez, du nerfs les pieds ! Dansez.
Pas perdu, pas perdue, pas de pain perdu au petit déjeuner.
Le croissant, à la rescousse. Le balcon.
Mon pont d’envol, des ailes aux pieds, vers Big Ben.
Résonne-moi de ton tocsin. Je t’enlace et ne bouge plus.
Ta peau contre ma joue, ton parfum derrière mon front.
Je m’endors, tout de satin.
Ah vivement un autre matin.
Par Eärwen
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Dimanche 24 décembre 2006
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13:44
Exercice de la semaine passée: Analogie entre une horloge et une montagne? (5mn!)
"Tic tac" dit l'horloge. "Je reste", dit la montagne."Ding dong", dit l'horloge. "Je croule" dit la montagne.Horloge géante mesurant l'écoulement de l'éternité. Montagne minuscule au fond du sablier; le prix d'un coquetier.Le temps court, trop court. La montagne fond, trop long.L'horloge passe-muraille, avalée par la montagne, résonne dans la caverne sombre, l'antre du monde. "Tic tac. Je vous attend."
Par Eärwen
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Samedi 20 janvier 2007
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20:49
Une phrase finie en haut d'une page de cahier avait laissé le mot "tête" tout seul.
J'ai enchaîné.
Tête plate, tête pleine. Citrouille remplie de bouillie, marmite mijotant, gros bouillons. Je touille-touille et tourne en rond. Où est la sortie ? La cheminée, pour évacuer le trop plein, le trop plein de prise de tête. Voilà le chou qui intervient. Lâchez le dans la tambouille, qu'il fonde, qu'il se déroule et qu'il ne reste plus rien, juste de la vapeur, un fumet qui monte, aérien, libéré de la chose. Liberté, dans le vent, s'évanouir, les molécules dispersées, adieu la pesanteur, le poids du dos courbé. Mais...les mains ! Il n'écrit rien le vent. Il console mais ne peut être enlacé, il hurle mais ne peut être calmé. Ah fais moi par tes mains exister, que je comprenne enfin pourquoi mon corps est fait. Tu l'as fait naître. Porte moi dans tes mains, tremblante et affolée, et lance moi dans le ciel azuré.
Par Eärwen
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Mardi 13 février 2007
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15:53
Sujet: dans le liquide amniotique d'une bouteille d'encre, un mot attend de voir le jour...
Flottant, ballant, germant, le voilà, gluant, transparent, alternant: j'y vais, j'y vais pas.En sécurité ici, à l'abri. Pas envie d'être transi, dehors, le froid, le senti, ou le chaud, la brûlure. Ouille ! Ah non, je préfère le nid.Dommage mon chéri, tout le monde t'attend dehors. Allez, ose la vie, la vieillesse, sinon tu finiras tout pourri!Ah non alors ! Bon, d'accord: je choisis les blessures, les carresses, les yeux dans les yeux, le grand bleu, le petit rouge, le café crème, le lit froissé, tes cheveux, les chataîgnes, les pieds nus sur le carelage, le ciel, la pluie, les nuages et l'envol final.Trempe la plume, je vais m'accrocher, m'enrouler, m'aggriper, tenir bon, ne pas lâcher, tenir bon, la traversée. Ca y est, je sens l'air, l'humidité. Cramponné je suis emmené dans les airs, apeuré. Vite, le papier. Pose moi et s'enchaîne le déroulé. J'arrive à mon rythme, il suffit de laisser glisser.
Ca commence comme âme...c'était donc ça ?Attends, patience mon aimée. A, n, t quand tu as le dos tourné. Maintenant je peux te poser la main sur l'épaule. Me voici. Ton amant.
Par Eärwen
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