...une elfe.

Le tourtereau m'a dit que c'était un peu brut de décoffrage la vidéo toute seule sans explication. Je vous l'accorde!
The truth is, j'ai envie de changer de blog !
A suivre pour ça.
En attendant, j'inclus ci dessus le court métrage que j'ai réalisé l'an dernier à Oxford (voir pérégrinations dans le blog). Pourquoi ai-je attendu aussi longtemps pour l'inclure ?...J'y réfléchis encore. Disons que je croyais que le site dédié que le tourtereau avait concocté allait servir de diffuseur aux proches, jusqu'à ce que je réalise que nombreux sont ceux qui ont galèré pour lire et telécharger les vidéos.
Acceptation de diffuser à des inconnus et dans une qualité médiocre (i.e Dailymotion, quand même moins pire que Youtube en terme de design) plus loin: voici le film embedded dans le blog.
Et il faut dire aussi qu'il n'est toujours pas fini, puisque les musiques que vous entendrez ici sont non libres de droits (et je n'ai pas pris les compositeurs les plus abrdables, évidement !) et que ce n'est qu'il y a deux semaines que j'ai trouvé mon compositeur attitré, celui qui me suivra sur plusieurs projets parcequ'on accroche trop !
Ai-je besoin de préciser que ce fut une expérience absolument géniale et défense à tous de me demander pourquoi je ne l'ai pas renouvellée plus vite (je n'ai pas la réponse de toute façon).
No Wings
envoyé par mariannesouliez
Flottant, ballant, germant, le voilà, gluant, transparent, alternant: j'y vais, j'y vais pas.
En sécurité ici, à l'abri. Pas envie d'être transi, dehors, le froid, le senti, ou le chaud, la brûlure. Ouille ! Ah non, je préfère le nid.
Dommage mon chéri, tout le monde t'attend dehors. Allez, ose la vie, la vieillesse, sinon tu finiras tout pourri!
Ah non alors ! Bon, d'accord: je choisis les blessures, les carresses, les yeux dans les yeux, le grand bleu, le petit rouge, le café crème, le lit froissé, tes cheveux, les chataîgnes, les pieds nus sur le carelage, le ciel, la pluie, les nuages et l'envol final.
Trempe la plume, je vais m'accrocher, m'enrouler, m'aggriper, tenir bon, ne pas lâcher, tenir bon, la traversée. Ca y est, je sens l'air, l'humidité. Cramponné je suis emmené dans les airs, apeuré. Vite, le papier. Pose moi et s'enchaîne le déroulé. J'arrive à mon rythme, il suffit de laisser glisser.
Ca commence comme âme...c'était donc ça ?
Attends, patience mon aimée. A, n, t quand tu as le dos tourné. Maintenant je peux te poser la main sur l'épaule. Me voici. Ton amant.
Le réalisateur est parti pour une belle carrière à mon avis ! (il est à LA en train de finir sa formation: ah si je pouvais m'y téléporter!).
On était trois dans le jardin de la maison où j'habitais avec Kirsten, ma coloc trop sympa, à inventer les poses les unes après les autres. Deemz était à la camera, une 16mm Arriflex. C'était un pur plaisir que de proposer des idées, rebondir, pour aboutir à des cadres et de les imprimer sur la pellicule: le travail artistique collaboratif; une joie.
J'ai enchaîné.
Tête plate, tête pleine. Citrouille remplie de bouillie, marmite mijotant, gros bouillons. Je touille-touille et tourne en rond. Où est la sortie ? La cheminée, pour évacuer le trop plein, le trop plein de prise de tête. Voilà le chou qui intervient. Lâchez le dans la tambouille, qu'il fonde, qu'il se déroule et qu'il ne reste plus rien, juste de la vapeur, un fumet qui monte, aérien, libéré de la chose. Liberté, dans le vent, s'évanouir, les molécules dispersées, adieu la pesanteur, le poids du dos courbé. Mais...les mains ! Il n'écrit rien le vent. Il console mais ne peut être enlacé, il hurle mais ne peut être calmé. Ah fais moi par tes mains exister, que je comprenne enfin pourquoi mon corps est fait. Tu l'as fait naître. Porte moi dans tes mains, tremblante et affolée, et lance moi dans le ciel azuré.
"Tic tac" dit l'horloge. "Je reste", dit la montagne.
"Ding dong", dit l'horloge. "Je croule" dit la montagne.
Horloge géante mesurant l'écoulement de l'éternité. Montagne minuscule au fond du sablier; le prix d'un coquetier.
Le temps court, trop court. La montagne fond, trop long.
L'horloge passe-muraille, avalée par la montagne, résonne dans la caverne sombre, l'antre du monde. "Tic tac. Je vous attend."
Un autre texte de mon atelier. Le sujet était: écrire un texte plein de sens (en fait il fallait utiliser le mot "sens" le plus possible, mais je l'ai compris différement intérieurement et c'est venu comme ça tout seul).
Mes sens délurés, de plein pied dans la vie, la vie rassasiée.
La vie sentie, avec les pieds d’abord, sur la terre sacrée.
L’odeur sentie, ensuite, herbe écrasée.
L’écorce rugueuse sous ma main blessée.
Rouge de mes yeux, douleur asséchée.
Cri dans la nuit, y a-t-il quelqu’un pour m’écouter.
Morsure, l’oreiller. Larmes sur mon nez.
Goutte goutte salée ; la souffrance évacuée.
L’air frais dans mes poumons après une nuit asphyxiée.
Soleil du matin, pas chagrin, allez, du nerfs les pieds ! Dansez.
Pas perdu, pas perdue, pas de pain perdu au petit déjeuner.
Le croissant, à la rescousse. Le balcon.
Mon pont d’envol, des ailes aux pieds, vers Big Ben.
Résonne-moi de ton tocsin. Je t’enlace et ne bouge plus.
Ta peau contre ma joue, ton parfum derrière mon front.
Je m’endors, tout de satin.
Ah vivement un autre matin.
C'était vraiment fun et salvateur. Ecrire est vraiment une médecine pour moi.
Je vous livre le résultat d'un des exercices, qui était d'écrire un texte incluant le maximum de titres de chansons. Je vous laisse deviner où elles sont, il y en a une quinzaine :)
Le baptême, rejeté
La fleur, écrasée
Le phare, envolé
La noyée, siphonnée
Les cordes qui grincent
Minute Papillon
Je n'ai que deux pieds,
dit le fossoyeur
Le chat botté crie "il pleut!"
Roxanne, épuisée, sa chevelure faite de murmures,
la lumière rouge, allumée, s'éteint, épuisée
Au fond de la piscine, viens me chercher
Le ponconneur des lilas m'y a oubliée
Je remonte à la surface, mouillée,
Un jour mon prince viendra, tu parles !
Supercalifragilistixexpidelilicieux, je m'envole sur les cheminées
où je rebondis sur la pointe des pieds
Mes chimères, vues de haut, elles flottent
sur Montmartre. La Bohème, le passé.
La suite, à inventer
